Initiation à l’art de conter

alexandra-re-contes7Public : amoureux des contes, bibliothécaires, enseignants, éducateurs, animateurs
Formatrice : Alexandra Ré

Le travail proposé se fait autour des axes suivants :

Le conte, un art de l’image 
Le conteur est « un cinéaste de la parole. « Le conteur nous raconte une expérience qu’il traverse, dont il se souvient dans l’instant. Il ne se souvient pas avec des mots, Il se souvient avec des images, des sensations, des perceptions. Il se souvient avec les cinq sens.
Pour entrer dans une histoire et la raconter, il s’agira de développer une posture de témoin. Plusieurs conteurs traditionnels témoignent de cette pratique : Le conteur se place derrière le personnage du conte et regarde « au-dessus de son épaule » pour voir le conte se dérouler…Une image, c’est futile ! Il faut la réinvestir, la reconstituer matériellement . Il faut que cela soit. Il s’agira de chercher au maximum la VISION CONTINUE. (Il y parfois des trous, des flous dans le film ! )

Le rapport à l’auditoire. Le conte, un art de la relation.
Contrairement au cinéma, le conte est un art de la relation. Le conteur est « dedans dehors » en contact avec les images de son rêve et en contact avec son audience. Complètement présent mais un peu « parti » ! La relation du conteur à son auditoire n’est pas « quotidienne » On sort de l’ordinaire, du monde social… Il y a quelque chose à voir avec la magie, avec les secrets du monde. Le métier de conteur est un métier d’accueil. Travailler une posture d’hôtelier : bonne préparation, sérénité, laisser faire, accueillir…

La langue du conteur : simple et musicale !
Si le conteur croit ce qu’il voit, il le rapportera naturellement dans sa langue. À partir du moment où ce qu’il dit est vrai, il peut « traverser l’image avec sa parole ». C’est d’abord l’image qui prime et non les mots. Le conteur ne parle pas « comme un livre ». Sa langue est naturelle et simple.

Préparer une histoire pour la raconter.
Par où l’histoire nous a-t-elle attrapé ? Quel moment, quelle image nous touche ? Chercher l’image essentielle, celle qui nous parle le plus. Prendre le temps de sentir ce que l’histoire nous fait, quelles sensations elle nous donne. Ce sont ces sensations qui vont nous donner l’envie de raconter.
Il s’agira d’abord de se repérer dans le conte. Énumérer, compter les épisodes.
Cette histoire se plie-t-elle en deux, en trois, en cinq ? Combien d’étapes, de parties ?
Il faudra adapter son énergie à chaque étape qui est une distance à parcourir. Chaque étape est une petite histoire avec son atmosphère particulière.

Le travail d’appropriation a deux objectifs : Se repérer et nourrir le conte.
– Se repérer dans la structure, le squelette du conte
– Rêver la « chair » du conte. Faire un rêve, un film, voir toutes les images

Travail d’axe, de concision / Travail de dilatation (Sensations, ressentis, images.)
« Le conte semble bien être le résultat de la combinaison de l’itinéraire, c’est-à-dire de la séquence des parcours et des étapes du héros, et des images saisissantes qui ponctuent la narration. Sa mémorisation ferait appel à un processus plus logique, la séquence, et à un processus plus affectif, les images, processus imbriqués l’un dans l’autre. La verbalisation qui intervient lors du contage mobilise les deux sortes d’éléments mémorisés. »
Nicole Belmont – Poétique du conte

 

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